Chronique du 06 mai 2020

— Allô, entrailles de l’ordinateur, c’est qui qui cause ce matin ?
— C’est Raymond qui si colle mon auteur.
— Salut Raymond, comment vas-tu ?
— Comme toi mon auteur, j’ai des fourmis aux bouts des pieds, des envies de balades en forêt, une faim de pique-nique sur les côteaux du Château Gaillard, tiens, j’ai même des rêves de vélo en bord de Seine !
— À assistance électrique le vélo ?
— Bien sûr mon auteur, il convient de rester prudent et de ne pas relancer la mécanique sportive trop brusquement !
— Pour moi Raymond, il ne s’agira pas de relance mais d’innovation concernant le sport. Pour toute innovation de ce genre, je me dois d’effectuer quelques tests de compatibilité entre le vélo et les organismes propulseurs, en l’occurrence, mes jambes et mon cœur ! Il serait dommage de survivre à huit semaines de confinement avec, à la sortie quelques grammes (en kilos les grammes ?) superflus et de s’écrouler sur le bas-côté d’un chemin du halage. Pas fou le Président de la République, il a calé la sortie du confinement en plein dans les dates des « saints de glace » !
— Tu y crois, toi, à ce « petit hiver » ?
— Il s’avère que lundi prochain la température ne devrait pas dépasser les treize degrés en Normandie. Coïncidence ou phénomène climatologique ? Qu’importe, il ne fera pas chaud et je resterai au chaud. Le vélo, on verra après.
— Et la sortie du confinement, tu la vois comment mon auteur ?
— Comme le confinement ! Avec les mêmes précautions à s’imposer, les mêmes gestes barrières et distanciations sociales à respecter. Ce qui va surtout changer, c’est plus de liberté pour se déplacer et se rencontrer et c’est plus de risques potentiels de contamination si les français un peu fantasques que nous sommes, baissent la garde. Ce que je crains, c’est « un retour à avant » et non « un aller de l’avant » ! Chacun prépare sa sortie. Ça me rappelle l’ambiance à la caserne quand, après deux mois de « classes », les jeunes appelés que nous étions, attendaient leur première permission. Cocotte-minute sous pression maximum. C’est un peu dans ce style. Tu verrais le nombre de rendez-vous sur l’agenda mon Raymond. Il y a celui du toilettage du chien qui croule sous ses poils et n’ose plus se regarder dans une flaque d’eau tellement la coupe maison que nous lui avons faite est réussie. Il y a celui pour rendre le logement de notre étudiante et ceux pour aller visiter les appartements substitutifs qui seront tous cent fois mieux que celui actuel, car mieux situés. Ajoutons l’espoir de réouverture de la déchetterie, et le maintien des réunions en visioconférence qui seront complétées par des réunions « à l’ancienne ». Il va en falloir des masques et des gants, du gel et du désinfectant !
— Et pour l’école ? C’est quoi le profil ?
— Profil bas Raymond, profil bas ! Dans la commune, les écoles n’accueilleront qu’en matinée et par demi-classe mais comme il n’y aurait que 40% des parents qui pensent envoyer leurs enfants en classe, les effectifs vont être réduits. Pour le collège, nous n’en sommes qu’au sondage pour les sixièmes et cinquièmes qui devraient reprendre les cours le 18 mai. Aucune idée ni du comment, ni du avec qui. La seule semi-certitude pas certaine, serait le maintien des cours à distance.
— Vous avez décidé pour votre collégien ? Il retourne en classe ?
— Il est comme nous. Les pieds ne tiennent plus en place. Les jambes sautillent sur place en écrasant les fourmis. Les bras sont dedans et la tête dehors. Envie de sortir et pas envie. Peur et désir ! Nous attendons d’en savoir un peu plus sur l’organisation avant de décider avec lui sur un retour ou non au collège. En plus la première semaine serait courte vu qu’il y a le jeudi férié.
— C’est plus simple pour votre étudiante.
— Pour décider, oui ! Les universités sont fermées jusqu’en septembre. Moins pour travailler. Elle attaque ses examens le 15 mai ; cela s’échelonnera jusqu’au 25. D’ici là, c’est la grande débrouille pour les révisions de cours qui n’ont pas eu lieu ou seulement sur papier et dossiers informatiques mais aucunement en virtuel. La tension va grandissante et risque d’être plus que palpable dans les jours à venir. Ce n’est pas l’envie ou non de sortir qui va la retenir dans sa chambre !
— Mais dis-moi mon auteur, c’est comment l’ambiance à l’extérieur ?
— Kif-kif qu’à l’intérieur, chaudron et autocuiseur ! Mais il ne fait pas beau depuis quelques jours ; il fait même froid. Pour tout te dire nous avons rallumé la cheminée. Comme les températures n’incitent pas aux échanges au-dessus du grillage ou d’un côté à l’autre de la rue, c’est un peu difficile de connaitre l’état d’esprit autour de nous. Nous sommes allés nous promener tardivement hier au soir. À dix-neuf heures, il n’y avait plus personne dehors… sous la pluie ! Que nous. Quel calme !
— C’est malin ! Au fait, j’ai entendu chuchoter dans tes courriels, une rumeur de nouveauté.
— Chut Raymond.
— Aller mon auteur c’est quoi ?
— Tu verras bien, c’est juste un chuchotement. Faut lui laisser le temps de devenir réellement virtuel !
— Pff elle est nulle ta blagounette mon auteur.
— Nulle mais nette ! À demain Raymond.
— Même pas drôle mon auteur.
— Bises virtuelles à la famille et prenez soin de vous.

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