Chronique du 07 mai 2020

— Salut Raymond.
— Salut mon auteur. Toujours en forme ?
— Absolument mon Raymond. Le soleil et la douceur sont de retour, les pulls et l’allume-feu sont au placard et le dîner sur la terrasse hier au soir. Qu’espérer de plus ?
— De partager ce diner avec des copains ?
— Ça viendra ! Nous ne sommes pas qu’un peu impatient d’entendre le Premier Ministre cet après-midi. Il devrait nous donner le plan du labyrinthe de sortie du confinement. Plages or not plages ? Cent kilomètres à vol d’oiseau ou au compteur ? Toutes les écoles ouvertes ou celles qui le veulent ? Le personnel enseignant sur la liste des prioritaires comme les soignants ? Masque obligatoire ou facultatif ? Et je t’en passe, Raymond, de ces questions parfois sérieuses, parfois anecdotiques, parfois surprenantes et toujours importantes aux yeux de ceux qui les posent, avec des réponses qui vont tourner en boucle toute la soirée à la radio et la télé. C’est un véritable thriller ce déconfinement. Il a ses chausse-trappes, ses surprises, son suspens auréolé de rebonds plus ou moins crédibles. Il a son reporter-enquêteur comme Mikael Blomkvist dans Millenium en la personne de Christophe Castaner et ses jeunes journalistes eux aussi enquêteurs arrivés là par hasard et dont ce n’est pas le boulot d’origine, comme Olivier Véran le ministre de la santé. Dans ce polar il y a les fausses confidences, les vraies révélations et les pistes foireuses qui ne conduisent nulle part mais instillent perfidement un maximum de doutes et de questionnements supplémentaires sur la résolution de l’énigme. Car nul besoin de chercher un coupable. De ce côté c’est un épisode de Colombo qui nous est servi. Depuis le début on le connait cet assassin c’est Corona. Ce que notre Commissaire Macron doit trouver c’est le moyen de le rendre inoffensif. Je crains mon cher Raymond, qu’il n’y ait plusieurs tomes dans la série du Covid 19 avec des rebondissements à la clé et d’autres meurtres à éviter par SAS Philippe.
— Quelques énigmes seront résolues ce soir mon auteur. D’autres vont surgir et la frustration sera toujours là, obligeant les lecteurs que nous sommes de ce succès mondial, à acheter les tomes suivants pour satisfaire notre curiosité exacerbée !
— En attendant, hier nous avons renoué avec la bibliothèque de la commune. Elle est réouverte en formule « Drive ». Le beau temps nous a permis de rester à discuter avec d’autres personnes en patientant pour récupérer notre commande de livres et de DVD. C’était bon de retrouver les copains qui tiennent cette médiathèque. C’était réconfortant de rencontrer d’autres passionnés de lecture, frustrés de ne pouvoir flâner entre les livres à la recherche de celui qui nous attend, que nous prenons entre nos mains et ouvrons sous nos yeux gourmands de mots et de phrases insolites. Nous avions du mal à quitter les abords du temple. La douceur printanière donnait envie de s’asseoir sur la pelouse pour échanger sur le dernier bouquin de Michel Bussy ou d’Agnès Martin-Lugan, la révélation des livres de Virginie Grimaldi et la saveur de ceux de Gilles Legardinier, la découverte d’auteurs trop méconnus comme Rottier, Morel, Devaux, Costal et tous ces écrivains qui nourrissent notre imaginaire et abreuvent notre soif d’aventures littéraires.
— Tu en fais partie mon auteur.
— Modestement, très modestement Raymond. Mon plaisir hier a été de retrouver un copain accompagné de sa fille, du même âge que la nôtre. Discussion sans importance sur rien, sur tout, anodine et profonde. Retrouvailles, échange sans plus et sans moins, avec tant de plaisir de se retrouver après deux mois sans s’être rencontrés. On s’est quitté chacun de son côté on est allé se promener ? Lui et sa fille, moi et la mienne. « À la prochaine autour d’un apéro. ». « Et pas virtuel ! ».
— La vie reprend vie en ville ?
— La vie se réapproprie l’espace, Raymond. Hier toute la journée ne fut qu’une ronde incessante de tondeuses dans la commune. Les parcs et les chemins sont fins prêts pour leur ouverture lundi. La moindre pelouse a subi sa coupe rase, les bordures sont au cordeau, les pâquerettes et le pissenlit s’en sont allés se réfugier dans les sous-bois non fréquentés. Lundi les chemins de hallage et ceux des forêts retrouveront des promeneurs avides d’élargir l’horizon de leurs pieds et de faire un pied de nez aux trottoirs confinés. Les animaux vont râler, c’est certain. Ils étaient peinards, personne pour les déranger. J’entends d’ici les sangliers, les chevreuils, les chardonnets et les pinsons, les rouges-gorges et les buses poser leur question au gouvernement : « Pourquoi, Monsieur le Premier Ministre, avoir pris le risque de nous recontaminer si rapidement avec des promeneurs inconséquents qui vont de nouveau faire du bruit, casser des branches, effrayer nos petits et nos proies, écraser les jeunes pousses de chêne et de châtaignier, jeter leurs plastiques et leurs mégots ? Pourquoi ? » Et le Premier Ministre, au champ comme le Sous-préfet d’Alphonse Daudet, de répondre : « Pour rendre la vie à la vie, même si la vie est parfois mortelle d’ennui et aux conséquences assassines pour la nature. La vie s’est ennuyée de vous pendant deux mois. Souhaitons qu’elle ait appris à mieux vous aimer et donc vous respecter ! ».
— Espérer et souhaiter sont les deux mamelles du déconfinement mon auteur !
— Que de références ce matin Raymond !
— Dis et la surprise, elle est où ?
— Tu vas faire un petit clic sur « Daniel Devaux ». Tu arriveras directement sur sa nouvelle « Fantaisies confinée macabre ». Je te laisse découvrir et, un conseil, va vite te procurer ses deux premier livres « Le Paradoxe de Casanova » et « Le Mystérieux évadé ». Ça te plongera dans un vrai polar avec suspens, suspens plus plaisant que celui du corona.
— Je clique de ce doigt mon auteur.
— À demain Raymond. Bises virtuelles à la famille, prenez soin de vous et bonne lecture.

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