Chronique du 08 mai 2020

— Salut Raymond.
— Salut mon auteur. Alors « …Libérée, délivrée. Désormais plus rien ne m’arrête. Libérée, délivrée… » ?
— My God, Allah, Jahvé, Bouddha ! Il est temps de sortir du confinement Raymond, tes références musicales s’amenuisent dramatiquement ! J’aurais préféré « … Ma liberté toi qui m’a fait aimer même la solitude… » de Georges Moustaki.
— Humour mon auteur, la référence « Reine des neiges » c’est en rapport avec les risques de dérapages potentiels !
— Oh la blague carambar ! Caramba l’amigo, souffle dans ma manche afin de me faire rire.
— Je fais avec ce qui me reste en stock et je peux te l’avouer, les réserves de bonbons et d’apéricubes-blagues-devinettes sont au plus bas.
— Rassure-toi, c’est bientôt « … L’heure de la sortie ie, l’heure de la sortie ie, l’heure de la sortie c’est l’meilleur moment d’la journée… ».
— Difficile d’aller plus bas que Shelle-là mon auteur !
— En langage texto cela donne « MDR ». En celui littéraire « Je pouffe, que dis-je, je m’esbaudis devant tant d’humour ! ».
— Et à cette réplique, cher auteur, tu pourrais ajouter une description en large et en travers de la poussière blanche au reflet de poil du chien de ta belle-mère qui s’est installée entre le « A » et le « Z » de ton clavier (la poussière, pas ta belle-mère) et qui te conduit (toujours pas ta belle-mère) aux portes de l’enfer (bien que ce pourrait-être ta belle-…)
— Eh Raymond, c’est la promesse du déconfinement qui te rend chroniqueur de « Rires et chansons » ?
— Faut croire ! As-tu écouté Monsieur Édouard hier ?
— Non Raymond, j’ai squeezé l’heure. Nous avons regardé les informations du « Vingt heures » et pour les nouvelles qui ont été annoncées, je pense avoir eu raison de ne pas confiner mon après-midi devant la télévision. Le Premier Ministre n’a fait que confirmer ce à quoi tout le monde s’attendait, en déléguant aux Régions, Départements et Communes le soin de la mise en place.
— Certes mais les masques ?
— Quoi les masques ? Entre les grandes surfaces, les fabrications artisanales et familiales, les combines via Hong Kong-Barbès-express, si des entreprises ne peuvent pas fournir des masques à leurs salariés c’est qu’elles ne le veulent pas ou ne les volent pas. J’ai du mal à m’y retrouver dans ces discours qui dissimulent plus un manque d’arguments contre le déconfinement qu’une insuffisance de protections individuelles.
— Mais quand même, la reprise des écoles est-ce bien sérieux ? La réouverture des magasins n’est-ce pas trop rapide ?
— Et si le contraire avait été annoncé hier ? Je n’ose imaginer les commentaires des commentaires reprenant le commentaire du commentateur qui a untel et untel dans le collimateur de ses commentaires ! Regarde Raymond. Dans les écoles, les effectifs vont varier entre 25% et 40% au grand maximum de présence. Dans le collège de Matthieu, pas plus de parents pensent faire reprendre les cours à leurs enfants. Par contre, je te parie de l’affluence dans les magasins et sur les trottoirs urbains dès lundi matin.
— Un peu comme pour les élections municipales, pas un pékin le jour du scrutin mais la vieille la queue dans les magasins.
— Oui Raymond, c’est le risque. Hier, je suis allé faire quelques achats au Bricomachin de la commune. J’étais surpris de voir le peu de prudence des clients entre les rayons. Les gestes barrières sont loin d’être devenus familiers.
— Le grand sujet de conversation qui inquiète tout le monde ce sont les vacances.
— Oui Raymond ! Enfin c’est un sujet d’intérêt pour ceux qui peuvent se poser la question d’un départ. C’est très loin d’être la totalité des français.
— As-tu vu hier mon auteur, le reportage sur la 2 ? Ils interrogeaient des familles de « réfugiés » dans leur maison secondaire à Saint-Malo et autres bords de mer. Ils sont tristes les pauvres. Ils vont devoir quitter leur confinement pour rejoindre Paris… Fort à parier que ces « malheureux » sont de la catégorie des « anti-déconfinements » !
— En plus le gouvernement n’a même pas pensé à mettre suffisamment de trains en service pour permettre leur retour en toute sécurité. C’est scandaleux mon brave ! Et des masques sécurité plus plus, on n’en trouve pas à l’épicerie de l’île de Pétaouchnock ! C’est horrible mon bon Raymond, cette injustice envers les « pauvres » nantis !
— Une bonne guerre, voilà ce qu’il faudrait pour remettre à l’endroit l’envers des travers de ce monde, une bonne guerre je vous le dit mon auteur !
— Oh oui Raymond et après, chaque année on célébrerait la fin de la guerre avec un nouveau jour férié, au mois de juin quand il fait beau. Cela permettrait un long week-end pour retourner dans la résidence secondaire du bord de la mer ou de Sologne.
— Côté frapadingues, dictateurs, égos surdimensionnés, il y a ce qu’il faut dans le monde. Manque une étincelle mon auteur.
— Sérieusement Raymond j’espère que ni moi ni mes enfants ne connaîtront cette ineptie de l’intelligence ! Aujourd’hui, c’est le jour pour se souvenir que des hommes et de femmes sont morts d’avoir résisté à la folie raciste, nationaliste et toutes ces rimes avec triste ! C’est le jour aussi pour se rappeler que ni Dieu, ni Allah, ni Yahvé, ni Bouddha ne valent de tuer en leur nom. C’est le jour pour se dire que les jours du souvenir, il y en a assez. On pourrait éviter de s’en inventer un autre. Et si demain on créait le jour férié du rêve ?
— À demain alors mon auteur.
— À demain Raymond. Bises virtuelles à la famille et prenez soin de vous.

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Un avis sur “Chronique du 08 mai 2020

  1. 6ème jour d’un compte à rebours, 92 ans, il est mort du coronavirus à 7h le dimanche 3 mai, incinéré le 4, volontairement oublié le 5. Doit-on nécessairement cultiver le souvenir ?
    -Prendre une pelle,
    -creuser profondément
    -y jeter toutes les blessures, peurs, humiliations, souvenirs olfactifs et sensoriels…
    -puis inspirer profondément, et enfin souffler une à une ses années de souffrance accumulées…
    – souffler longtemps intensément sans relâche, jusqu’à refermer les berges de la plaie.
    Elle aura 91 ans le 20 juillet prochain, et aujourd’hui 7 mai, Alzheimer, a ouvert davantage ses ailes de l’oubli, elle ne se souvient plus de lui.

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