Ultime jour, 14 mai 2020 !

— Salut Raymond.
— C’est Madeleine notre auteur. Raymond n’a pas totalement fini de nettoyer son dossier confiné. Il a encore quelques fautes d’orthographe et de grammaire à corriger, et de syntaxe à modifier. Tu le connais, il est très tête en l’air dans ses conjugaisons des participes présents et des infinitifs et oublie souvent, dans sa précipitation sur les touches du clavier, les « S » ou les « X » des pluriels. Il termine sa correction et nous rejoint.
— As-tu fini d’utiliser les fonctions du menu « Révision » de Word Madeleine ?
— Oui, oui ! Pour tout t’avouer, j’ai eu un coup de main… J’ai demandé à Roberte La Rousse de faire une dernière relecture avant de fermer mon Word. Tu la connais ?
— Je ne vois pas non. Je connais le « petit Lettré », alias Tilio, mais cette Roberte ?
— Mais si notre auteur, son surnom c’est « Cathy l’instit » !
— Ah mais oui, je vois de qui tu parles ! Paraîtrait qu’elle carbure pas mal au chocolat noir ? C’est vrai ? On parle bien de la même personne ?
— Chut ne l’ébruite pas, elle est complètement addicte. Sa famille en est tout étonnée. C’est une fille sympa Roberte, mais de ce côté-là… Enfin, tant qu’elle ne met pas de lait dans son chocolat noir à la pointe de sel, on est sauvé !
— Alors tu es prête Madeleine ?
— Ah que oui notre auteur ! Tiens regarde petite surprise :

— Eh doucement avec ton feu d’artifice ! Tu vas nous mettre le feu dans l’ordinateur !
— T’inquiète, je l’ai pris en noir et blanc, c’est moins cher à l’impression !
— Es-tu si heureuse de me quitter Madeleine ?
— C’est pour mieux te retrouver dans la vie de romance que tu nous concoctes dans le manuscrit que tu as lu et relu hier.
— Incroyable, tu es vraiment curieuse et à l’affut de mes moindres faits et gestes !
— Que veux-tu notre auteur, il fallait bien s’occuper pendant ce temps confiné. J’ai écouté, j’ai regardé, j’ai entendu les gens dans la rue, dans les jardins, au-dessus des haies, chez les voisins, à la boulangerie, dans les files des magasins. J’ai joué l’éponge pour mieux être le passeur des mots et des maux, des phrases devenues des propos, des émotions qui ont joué au yoyo.
— Tu as été « Bob l’éponge » en quelque sorte Madeleine tout le temps de cet enfermement ?
— Tout autant que toi notre auteur mais je n’accepte pas le mot « enfermement ». Nous avons été confinés, pas enfermés. L’enfermement c’est une prison où sont incarcérées des personnes dont on veut se protéger, qu’on décide d’éloigner des autres pour leur éviter de subir leurs déviances. Quand on met quelqu’un en prison, il n’a pas le choix. Il y reste jusqu’à l’espoir de sa possible réinsertion dans la société des hommes sans risque d’en blesser, d’en tuer, d’en spolier un. Le confinement c’est différent. On te demande de rester chez toi pour éviter d’être atteint par les scories résultant d’une déviance de la nature ou d’un dérapage de la technologie humaine, comme ce fut le cas à Rouen avec Lubrizol en septembre dernier. Tu acceptes ou tu refuses… Si tu refuses, tu en subis les risques mais tu ne dois en aucun cas en faire supporter les conséquences aux autres. On ne nous a pas demandé durant ces huit semaines de tourner en rond dans dix mètres carrés avec trois co-détenus. On nous a demandé de ne pas être les propagateurs d’une erreur, d’une mutation virale. On nous a demandé d’être responsables et non prisonniers de nos habitudes, de nos façons d’être et de faire. Aujourd’hui, c’est l’heure de mettre en œuvre les apprentissages comportementaux étudiés ces huit dernières semaines.

— Les confettis et les serpentins maintenant !!! Tout doux Madeleine tu exploses le budget de l’édition !
— Ce n’est pas Madeleine, c’est moi Angèle.
— Aïe, tu as rangé ta mauvaise humeur dans ton dossier compressé Angèle ?
— Je ne suis jamais de mauvaise humeur, je suis souvent excédée par la mauvaise foi, l’inconséquence et les jugements à l’emporte-pièce.
— Tu as été servie ces dernières semaines.
— Oh que oui l’auteur ! Entre-les « C’est la faute aux chinois ! », « C’est la faute à Macron ! », « C’est la faute aux patrons ! », « C’est la faute aux noirs ! », « C’est la faute aux jeunes ! », « C’est la faute aux profs ! », « C’est la faute… »
— « À tout le monde mais pas à moi ! »
— Absolument l’auteur ! Toutes ces âneries, ces « fake-news », que personne n’avoue croire mais que des milliers, parfois des millions de personnes, propagent et partagent du matin au soir. Combien ont moqué les réserves de papier hygiénique, de pain de mie, de farine et d’œufs et qui le soir venu, sont revenus, satisfaits, le coffre de la voiture rempli de papier ménage, de pâtes et de savon ?
— La peur Angèle, la peur de manquer.
— Les mots guerriers utilisés n’ont pas rassuré. Pour autant, la guerre sur canapé avec cacahuètes et mojito ce n’est ni 14-18 ni 39-45, pas plus la frontière turque ou syrienne !

— Pas possible, c’est 14 juillet dans les octets ?
— Non c’est Raymond qui fait son entrée ou plutôt sa sortie !
— Raymond ! Tu as fini tes corrections ?
— Oui mon auteur. Stéphane m’a bien aidé. Non seulement il corrige, réajuste parfois certaines de mes phrases trop alambiquées et, en prime, met en ligne nos échanges.
— C’est pour lui ce bouquet final ?
— C’est aussi pour les « Amis des chroniques » : Jean-François Rottier, Daniel Devaux, Patrice Colasse, Bernard Lebeau qui ont partagé leurs nouvelles ; Pascal Vidaillac qui nous a fait rire avec ses vidéos ; André Liberprey qui a peuplé nos murs de ses tableaux. C’est aussi, pour eux mon auteur !
— Je te sens tout fébrile Raymond…
— Je le suis ! La voiture est chargée, la remorque est bâchée. La liste des affaires à emmener est rayée de bas en haut, rien n’est oublié. C’est l’excitation d’un départ en vacances, celle d’une rentrée des classes, d’une veille de Noël, d’un matin de fête des mères ! Cet enthousiasme est empreint d’une véritable inquiétude. N’ai-je rien oublié ? Vais-je être dans la même classe que mon copain Noé ? Mon cadeau va-t-il lui plaire ? Vais-je réciter sans faute ma poésie ? Ne va-t-on pas avoir une seconde vague ? Est-ce bien raisonnable d’envoyer le gamin à l’école ? Pourvu que mon collègue de travail ne soit pas contaminé…
— Crainte, espoir, envies, folies, raison, … Les émotions vont d’un étage à l’autre, sans laisser le temps au temps de prendre son temps !
— Oui mon auteur, on peut se demander si nous en avons terminé avec cet ascenseur émotionnel. Vivons-nous le début d’une période durable ? Durant ces huit semaines, des amours ont fini par s’éteindre, d’autres se sont retrouvés, certains se sont renforcés et quelques-uns se sont rencontrés. Au cours de ce temps surprenant certains ont applaudi chaque soir, ont chanté sur le trottoir devant chez eux, ont fait les courses des petits vieux. Les machines à coudre ont servi de relais au mot solidarité et trente mille personnes s’en sont allées. La vie, la mort, le sourire et la peur ! L’ascenseur est au rez-de-chaussée et l’émotion est au sommet. De quoi ? On verra mon auteur. Pourvu que ce ne soit pas, plus jamais comme avant ! « On peut rêver d’un matin clair à se foutre la gueule en l’air ! Se trouver entre terre et ciel à compter les flaques de soleil ». C’est de toi mon auteur.
« … Contre vents et marées, envers et contre tout. J’ai chevillé dans le cœur un rêve de bonheur. Un jour nouveau qui se lève… ». C’est de François Béranger, mon Raymond. Faisons un feu d’artifice de nos rires et de nos demains qui ne seront pas comme avant !
— Si nous le voulons mon auteur ! Nous le pouvons !
— Bises Raymond. Bises Angèle. Bises Madeleine. Bises mes héros ! La prudence n’empêche pas le déraisonnable. Sachons l’être ! Prenez soin de vous et fermez bien toutes les applications et le ventilateur du disque dur avant de quitter les octets. Qui sait, un jour peut-être sortirez-vous de derrière un rideau pour combler de vos propos et de vos délires un auditeur nouveau ?
À très vite.

Le Val d’Hazey
14 mars 2020 – 14 mai 2020

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Second jour d’après, 13 mai 2020

— Salut Raymond.
— Salut mon auteur. Alors raconte, quoi de neuf ?
— Tu vas être content, je suis remonté sur le vélo hier.
— Vous êtes allés vous promener ?
— Nullement mon cher ! Nous devions aller à la ville d’à côté avec Matthieu et nous avons mis en pratique notre volonté de ne plus faire comme avant. Alors au diable la voiture et son habitacle confiné ! À nous le bruit du pédalier ! « Le vent dans tes cheveux blond, le soleil à l’horizon. Quelques mots d’une chanson. Que c’est beau, c’est beau la vie… ». J’avais cette chanson de Jean Ferrat en tête et sur les lèvres en voyant mon fiston foncer comme un dératé deux cents mètres devant moi. Vive l’assistance électrique ! Elle m’a permis de ne pas être totalement ridicule, de ne pas perdre mon cœur ni mon souffle au bout des quatre kilomètres du trajet.
— Il a de l’énergie à revendre ton fils, mon auteur !
— Oui Raymond ! Je vais recharger les batteries des VAE avec l’appui de l’« énergie pédaleuse » du gamin. Je suis certain qu’un aller-retour à Gaillon suffira pour une charge à 100% !
— Il y avait beaucoup de véhicules à pollution thermique ?
— Nous avons emprunté la route principale qui traverse la ville. Il n’y avait pas foule de moteurs à explosion sur le bitume, mais ils commencent à revenir ces petits putois nauséabonds. Ce que j’ai remarqué, ce sont des petits groupes d’ados et de jeunes en vadrouille. Le masque délicatement oublié, soit autour du cou, soit carrément au fond de la poche et la distanciation physique réduite à la largeur d’un trottoir où s’entassent quatre ou cinq individus. Le RER à Paris aux heures de pointe !
— Il y a du relâchement mais c’est presque normal venant de jeunes. Ils sont impatients de se retrouver, de se parler, de se frôler et plus si affinité.
— Oui, mais cependant, ce sont des affinités unisexe mon Raymond ! Chacun de son côté ! Les filles à droite et les garçons à gauche ou l’inverse si tu préfères. C’est un autre type de confinement.
— Comme tu y vas mon auteur. Tu n’abuses pas un peu ?
— Je t’assure que non. C’est un fait ! Ils ont besoin de se ressourcer pour mieux retrouver les autres.
— Mais dis-moi, la vie reprend-elle dans le centre-ville ?
— Le marché a réouvert dans les rues de Gaillon hier matin. Là, pas de problème : 1,50 m d’écart, masques, gants, presque la baguette dans les mains du vendeur pour taper sur les doigts de l’impudent imprudent qui palpe les fruits ou les légumes. Ajoute la police municipale qui tourne, retourne et rétablit les distances. En revanche, en attendant Matthieu pendant son rendez-vous, j’observais les ouvriers d’un chantier de construction. De ce côté, il y aurait beaucoup à redire. Je passe sur la cigarette allumée avec le briquet du collègue et sur les vestes jetées dans la camionnette. Je ne parle pas de la poignée de clous qui transite d’une poche à l’autre. Je ne veux pas voir les mains sur l’échelle, la barrière ouverte et refermée quatre fois en l’espace de trente minutes par quatre personnes différentes. Dois-je ajouter, avec une pincée d’effroi, le corps à corps de deux ouvriers associés pour relever une poutre ? Pas de masques, pas de gants ! Pas de distance et pas d’injonction pour les maintenir ! Il faut finir ce chantier ! Il a pris du retard ! Deux mois ! Et c’est reparti au risque que ça ne reparte…
— Ce n’est pas facile non plus, mon auteur, de respecter les gestes barrières sur des chantiers de construction.
— D’autant moins quand il faut rattraper deux mois d’arrêt. La trésorerie est au plus bas et le client est roi ! « La faillite est en point de mire et le chômage en avenir » dira le patron. « J’ai ma famille à nourrir et ma maison à finir » dira l’ouvrier. Et pour conclure, il conviendra de ne pas mourir ou alors avec le sourire satisfait de celui qui a terminé prestement son labeur, dans les temps, dans ce temps d’avant un certain confinement !
— L’école a repris hier aussi. J’ai vu dans les liens de ton ordinateur qu’il n’y avait pas affluence derrière les pupitres des CP et des CM2. Et pour les centres de loisirs, quoi de neuf mon auteur ?
— Un document national de quarante-trois pages de recommandations ! Un protocole de vingt-cinq pages pour appliquer ces consignes ! Des capacités d’accueil divisées par deux ! Des mesures sanitaires très contraignantes et épuisantes pour les animateurs et le personnel d’entretien ! Et une seule petite chose omise dans ces pages : dans un centre de loisirs, les enfants ne sont pas assis derrière un bureau. Ils bougent, jouent, remuent. Ils sont là pour pratiquer des activités de loisirs et ça, ce n’est pas sagement assis sur une chaise que ça se pratique ; c’est une récréation permanente !
— Et les animateurs sont souvent des vacataires payés des clopinettes !
— Des « demi-clopinettes » pour les assistants animateurs ! Visio-conférence cet après-midi pour caler la réouverture des centres… C’est quand une journée sans réunion ?
— La semaine prochaine mon auteur car tu as prévenu tout le monde que tu levais le pied quelques jours. Et nous c’est pour quand notre sortie du confinement ?
— Ça vient mon Raymond, ça vient. Demain, je te retrouve pour notre dernière chronique.
— Enfin mon auteur !
— Enfin Raymond ! Bises virtuelles à la famille et vous mes héros, prenez soin de vous, restez prudents.

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Premier jour d’après, 12 mai 2020

— Salut Raymond.
— Salut mon auteur. Comment était cette première journée de sortie de confinement ?
— Sans attestation ni carte d’identité dans la poche pour aller acheter le pain. Sinon, cours et travail à la maison pour le collégien, visio-conférences pour moi et le tour est joué ; la journée est bouclée. Le temps plus que maussade et le vent plus qu’en forme n’ont pas favorisé une quelconque escapade hors des sentiers battus des huit semaines précédentes. Il n’y a que la gente féminine de la maison qui a franchi l’ex-frontière du kilomètre d’avant 11 mai.
— Elles sont parties faire du vélo ?
— Oh mais arrête Raymond avec ton vélo, ça devient une obsession ! Je les vois mal faire les cinquante kilomètres qui nous séparent de Rouen, en vélo, même électrique. Non, elles sont allées vider et faire le ménage de l’appartement de notre étudiante avant de le rendre jeudi.
— Et alors ?
— Alors, elles sont tombées sur une manifestation d’une grosse vingtaine de gilets jaunes et de syndicalistes de la CGT devant le rectorat. En fait, elles ont réalisé que c’était une manif en écoutant les infos régionales le soir.
— Le retour à la normale est rapide !
— Retour à la case départ en effet. Un petit changement tout de même, sur une pancarte il y avait d’inscrit « Retour à l’anormal ».
— C’est quoi l’anormal ? Cette manifestation ? La sortie du confinement ?
— Je te laisse le soin, mon anarcho-syndicaliste de leur demander. Chacun a son point de vue sur cette question, mais je doute que celui de la CGT soit raccord avec celui de la CFDT et identique à celui des gilets jaunes. Le journaliste n’a pas eu le temps de demander ; il avait bien plus à dire sur l’ouverture des magasins et des centre commerciaux que sur cette pancarte.
— J’ai vu dans les actualités que certaines villes ont mis en place des pistes cyclables.
— Provisoires, là est la nuance ! Les municipalités ne les laisseront que si ça ne gêne pas trop la circulation automobile. Provisoires ? Quand on se souvient du tollé généré par la fermeture aux voitures des voies sur berge à Paris, je suis peu enclin à espérer un développement durable de ce provisoire.
— Et dans ta petite ville de l’Eure mon auteur ?
— La rentrée des CP et CM2 se fait aujourd’hui par demi-classe et en demi-journée. L’autre demi-groupe prendra le relais la semaine prochaine. On va voir si les présences effectives correspondent aux résultats des sondages. Certains parents n’ont pas le choix, d’autres avait une opinion la semaine dernière, en ont une autre aujourd’hui. Pas simple à suivre…
— Et les centres de loisirs ?
— Encore moins simple ! Mais ce ne sont pas les choix des parents qui sont difficiles à gérer, ce sont les recommandations gouvernementales, départementales, intercommunales et communales car elles ne vont pas dans le même sens. Ça ressemble à une traduction, dans les faits, du mot « anormal » ! Ce qui est vrai à dix-neuf heures ne l’est plus à neuf le lendemain, l’est de nouveau à treize mais contredit à dix-huit par un ministère, un Président de collectivité ou un Maire. Chaque strate territoriale intervient ; elle y va de son process particulier de sortie du confinement et de son calendrier. Ce dernier passe, selon l’échelon de décision, d’une réouverture des centres de loisirs à une date située entre le 12 et le 27 mai. Pour finir, tu as un responsable d’un service préfectoral qui t’envoie un courriel stipulant « chaque organisme développe son plan et son calendrier de réouverture en fonction de ses moyens humains et financiers ». En gros, tu traduis par un « faîtes comme vous pouvez » en langage politiquement correct, ou « débrouillez-vous au mieux » pour ne pas utiliser un autre verbe…
— Vous allez décider quoi mon auteur, président de l’association de loisirs ?
— Nous déciderons demain, collectivement !
— Encore une visio-conférence qui va durer.
— Absolument Raymond ! Le déconfinement ne va pas de pair avec moins de travail associatif et moins de guerre des tranchées pour accéder à l’ordinateur familial. Les cours sont toujours à distance, les réunions, nombreuses ces jours-ci, en visio-conférence. Le seul changement : plus besoin de s’énerver deux heures pour commander de la canisse au Bricomachin du quartier ; il est réouvert.
— Ton collégien retourne-t-il en cours la semaine prochaine ?
— Nous attendons toujours des précisions du collège. Le fiston souhaite y retourner. Les premières indications laissent à penser que ce ne sera pas la foule dans les couloirs de l’établissement scolaire. Nous devrions avoir plus d’informations dans la journée pour prendre une décision avec notre ado qui, l’air de rien, a bien pris cinq centimètres pendant le confinement.
— De tour de taille ?
— Non Raymond ! Le tour de taille, c’est pour moi ! Les cinq centimètres, c’est en hauteur pour lui. Tous ses pantalons sont des pantacourts ; ses baskets, des tongs ; ses tee-shirts, des brassières. Heureusement que le magasin de vêtements est, lui aussi, réouvert. Les pantalons courts vont se transformer en bermudas par la magie couturière de Fée Clochette. Les mollets vont eux aussi sortir du confinement !
— Et les mentalités mon auteur ?
— Là mon Raymond, il est à craindre que de « dé-confinés » certains ne restent « des cons finis » !
— Trop forte celle-là ! Tu as réussi à la placer.
— Défi relevé !!! À demain Raymond. Restez prudents !
— À demain mon auteur.

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