D’une guerre à l’autre

Quand il reçoit la lettre à en-tête de la mairie d’Elbeuf, François Jacpierre reste dubitatif. Il aurait un grand-oncle mort durant la guerre 14-18 ?

Il se souvient de ce vieux coffre déposé dans son garage suite au décès de sa mère. Dix ans après l’avoir oublié, il l’ouvre et y découvre trois petits carnets. L’un d’eux renferme une lettre à son intention.

Commence un long voyage de l’Alsace à la Normandie, du Poitou à Paris, de la France au Canada.  S’ensuit un périple à travers le temps qui va « D’une guerre à l’autre », de 1870 à 1954.

Quatre familles, s’y rencontrent, s’y frôlent, s’y côtoient, écrivent et inscrivent leur destinée commune.

Les Jacpierre avec à leur tête Pierre-Joseph venu du Poitou, enrôlé de force dans la garde mobile pour faire la guerre au prussien en 1870.

Albert-Hippolyte Garbo, originaire d’Elbeuf en Seine-Inférieure, échoué par hasard sur les barricades de la Commune de Paris et dans les fossés de Versailles d’où il s’enfuit avec son ennemi d’hier Pierre -Joseph.

Constant et Eugène Viel qui, en juillet 1874, fuient l’Alsace sous domination allemande pour rester Français. Le premier est un des rares survivants de la bataille de Reichshoffen, le second a douze ans. Ils sont frères et vont retrouver leurs compatriotes à Elbeuf.

Oscar et Gertrude Müller, viennent comme les Viel de Bischwiller. Avec eux, Anna, leur bébé de quelques mois. Eux vont à Vire en Normandie.

Tous se retrouveront un jour à Elbeuf. Ils se côtoieront dans les usines de textile, aux cérémonies religieuses, dans les manifestations ouvrières, sur les marchés. Ils feront la guerre, résisteront, ils seront anarchistes, socialistes, communistes, francs-maçons ou sacristain. Immigrés d’Alsace, du Poitou, d’Ardèche, d’Espagne, ils se frôleront et finalement ne feront qu’une famille les Viel-Jacpierre. D’une guerre à l’autre, entre 1871 et 1954, ils vivent et font l’Histoire avec sa majuscule.

Leurs descendants se retrouvent lors du centenaire de l’armistice de la guerre de 14-18 autour du monument aux morts d’où ils repartent pour continuer l’Histoire.

Avec ce roman, l’auteur nous livre les origines de la famille de François Jacpierre, héros de ses deux précédents romans, « Une semaine entre deux dimanches » et « Le temps du trajet ».

Lisez le début

Editeur

Contact avec l’auteur

2 commentaires sur « D’une guerre à l’autre »

  1. Une écriture fine, serrée, tendue, authentique et sensible, celle de Philippe Lebeau. Sous cette écriture, il y a le temps et la guerre et la famille et le combat des jours.
    La structure du récit est sobre, la musique du texte, d’une émotion que l’on retient.

    Le temps, lui, s’étire depuis la Commune de Paris au début de la guerre d’Algérie. Quatre familles, deux lieux, trois si on regarde le Canada, puis le va-et-vient des jours chargés de situations bouleversantes chez les Viel, les Garbo les Jacpierre et les Müller qui rappellent les moments forts de l’univers de Zola ; la sueur, l’effort et le sang. Va-et-vient en regard d’une ligne musicale que mon souvenir me renvoie, celle répétitive des jours dans le film l’île nue*. Enfin, en fil conducteur, ce soldat disparu aux premiers jours de quatorze, quelque part dans la Marne et sans sépulture. On lui en donne une dans le caveau des Viel et on le citera enfin. Une mort reconnue, une vie qui commence, celle du narrateur qui s’en va la construire loin des terres d’origine des anciens : La Normandie et l’Alsace. L’Histoire, la grande, est là rappelant en leitmotiv les faits réels de la chronologie.

    Les personnages de Philippe Lebeau sont, dans leur grandeur d’êtres humains (Constant le rebelle, Petit Pierre meurtri par son père ou Augustin le prêtre généreux) comme dans leur petitesse inconséquente (Pierre-Joseph le joueur ivre qui perd tout ou René qui n’est qu’un sexe), sont d’une justesse qui nous interpelle par la beauté du texte de l’auteur. Et la pudeur… Ces derniers mois, il n’était pas malade. Simplement fatigué. « C’est la fin de l’hiver. », a-t-il dit au printemps. « C’est le printemps qui me pèse. », a-t-il dit à la Saint-Jean. Et il n’a rien dit au 14 juillet, il est parti dans la nuit.

    Le livre aurait pu être écrit en 3 volumes tant il y a d’événements à raconter. L’auteur de main de maître les a condensés pour que chez nous naisse la réflexion et qu’on s’attache à ce vécu d’autrui qui, au fond, est aussi le nôtre.
    Un beau livre à se procurer et à lire à voix haute aux autres qui vont être happés à leur tour.

    Compte-rendu de lecture : Élisabeth Fabre Groelly. Novembre 2021

  2. J’attendais ce livre avec impatience pour en avoir échangé avec Philippe Lebeau lors de la parution de ses deux premiers ouvrages :
    – Une semaine entre deux dimanches
    – Et le temps du trajet
    C’était déjà un projet pour lui, parler de ces aïeux et du choix de certains d’entre eux de quitter l’Alsace, devenue Allemande, à la fin du conflit armée de 1870.
    Il pensait que ce récit pourrait être fini pour la fin 2020.
    « Ce serait super, pour des 150 ans de la guerre de 1870 », lui avais-je dit.
    Bon, j’ai dû attendre quelques mois, mais ça en valait vraiment le coup !!!
    « D’une guerre à l’autre » est une saga qui mêle l’Histoire à l’histoire d’une famille – de plusieurs familles devrais-je dire – qui ne se seraient jamais rencontrées sans les déplorables événements de cette défaite de 1870, de la perte de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine et de la revanche française ayant abouti à la Grande Guerre, celle de 1914-1918 ; saga qui se poursuit au-delà d’une autre guerre celle qui débuta en 1939.

    C’est toujours lors de la découverte, dans une malle au grenier ou dans une boite à chaussures au fond d’un placard, de vieux documents que l’aventure commence.
    D’abord lire, trier, dater, annoter, réfléchir… Identifier expéditeurs et destinataires des courriers ou documents et chercher les liens d’amitié ou de parenté entre eux.
    Et puis les photos ! Qui est qui ?
    Un bonheur les photos, elles sont souvent rares !
    Un travail de petite fourmi !
    Un travail d’historien, aussi.
    Et puis, cette envie de raconter, de mettre sur le papier les découvertes pour les fixer à jamais, en se voulant au plus près de la vérité.
    La rédaction d’un écrit qui ne fut sans doute pas sans quelques surprises pour l’auteur, sans lui apprendre des faits oubliés ou cachés – volontairement ou involontairement – dans l’histoire familiale.
    Une aventure épistolaire qui ne fut sûrement pas sans émotions, devant le parcours réalisé par ceux qui ont eu le courage de partir de leur lieu de naissance par conviction, par choix, mais pas sans conséquence.
    Philippe Lebeau a dû être bien fier de ses ancêtres pour avoir su vivre et survivre, avoir affronté la vie, pour un avenir meilleur, le leur et celui de leurs enfants.
    Je l’imagine d’autant mieux pour avoir eu, moi aussi, cette bouffée d’orgueil face au vécu de mes arrière-grands-parents (et ils se multiplient de génération en génération en remontant le temps), pour ne s’être jamais résignés face à l’adversité et avoir ainsi protégé leurs descendants.
    C’est donc un travail énorme qu’a effectué Philippe Lebeau.

    Alors que vous aimiez l’Histoire ou non, je vous recommande ce roman-vraie, bien rédigé, avec de belles tournures de phrases, des mots tournés et retournés avec habilité, des traits d’humour malgré, parfois, le tragique des situations.
    Comme toute saga, si au commencement il y a peu de personnages, le nombre augmente au fil des pages, alors, quelquefois, il faut réfléchir à qui est qui… mais très vite, un mot ou un petit rappel explicatif permet de reprendre le fil, sans le briser.
    Et puis, il y a les arbres généalogiques des familles concernées à la fin du livre.
    Un réel plaisir de lecture que je vous recommande…
    Et pour ceux qui souhaiteraient rencontrer Philippe Lebeau, il est régulièrement en dédicace !

    Françoise VERGNAULT

Commentez

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :